« Manger ses émotions » est bien plus fréquent qu’on ne le pense. Nombre de mes clients ne rencontrent pas de difficultés avec la nourriture par manque de volonté, mais parce que la nourriture est devenue un moyen de gérer des émotions difficiles, profondément ancrées dans leurs schémas de pensée. Cela peut engendrer des crises de grignotages compulsifs et une sensation de perte de contrôle face à la nourriture. Dans cet article, nous explorerons la des aspects psychologiques autour de l’alimentation, ce que l’on ressent concrètement face à ce type de comportements et comment apaiser sa relation à la nourriture grâce à des stratégies de pleine conscience et une approche plus intuitive.

Que ressent-on lorsqu'on mange ses émotions?
Voici quelques situations que mes clients décrivent souvent :
1. Le cercle vicieux du « grignotage émotionnel » : Vous avez passé une longue journée épuisante. Vous allez à la cuisine pour prendre « juste une petite collation », et soudain, la moitié d'un paquet de chips ou de biscuits disparaît. Vous vous souvenez à peine d'y avoir goûté. Ensuite, la culpabilité s'installe.
2. Des habitudes alimentaires nocturnes dont vous n'arrivez pas à vous défaire : Vous mangez équilibré toute la journée, mais le soir venu, vous ressentez une forte envie de grignoter. Vous vous dites : « Demain, je ferai mieux », mais le cycle se répète sans cesse et c'est frustrant.
3. Les plaisirs accordés pour se féliciter : Vous avez vécu une situation difficile, comme une longue journée de travail, une conversation stressante ou des difficultés sociales, et la nourriture devient une récompense ou un moyen d'apaiser les émotions négatives. C'est la petite gâterie que vous vous dites « mériter », même si votre corps n'a pas faim.
4. Crises d'hyperphagie : Ces crises donnent l’impression de perdre le contrôle de soi et l’on se dit : « J’avais l’impression d’être possédé. Je ne voulais pas manger autant, mais je n’arrivais pas à m’arrêter. » Au fond, on a envie d’arrêter, mais on n’y arrive pas.

Pourquoi mange-t-on ses émotions?
Ces comportements ne sont presque jamais liés à la nourriture en elle-même. Beaucoup de personnes me disent avoir l’impression de saboter leurs efforts de perte de poids. Elles réussissent pendant quelques jours, puis sombrent soudainement dans une crise d'hyperphagie. Il s’agit bien souvent de besoins émotionnels non satisfaits. La solution n’est pas d’imposer plus de règles, mais de faire preuve de plus de compassion et de conscience. Comprendre cela est la première étape pour réparer sa relation avec la nourriture et briser les schémas d’autosabotage.

Ces habitudes sont souvent liées à :
Des émotions non résolues : La nourriture devient un moyen d’apaiser le stress, la tristesse, l’anxiété ou le sentiment d’être submergé.
Des cercles vicieux : Votre cerveau apprend que certains aliments procurent un réconfort ou une distraction rapide. Avec le temps, cela crée des comportements alimentaires compulsifs.
Des restrictions et des régimes : Si vous suivez un régime depuis des années, votre corps et votre esprit se rebellent souvent, ce qui entraîne des crises ou des envies irrésistibles.
Un faible taux de dopamine / la recherche de récompense : Les aliments sucrés ou riches en matières grasses procurent une sensation de bien-être immédiate, ce qui rend difficile le contrôle des envies de sucre.
Des traumatismes ou des blessures émotionnelles : Certaines personnes utilisent la nourriture comme refuge émotionnel; cela devient un mécanisme de défense.
Difficultés liées aux régimes chroniques : De plus, si vous avez passé des années à suivre des régimes, à vous restreindre et à vous imposer des règles très strictes, vous risquez de vous retrouver pris dans un cercle vicieux et votre cerveau est habitué à vous inciter à manger à nouveau en excès. Il ne s’agit pas d’un échec personnel; c’est une réaction de survie que votre corps utilise contre vous. C’est pourquoi les régimes sans travail émotionnel sont souvent voués à l’échec.

Comment sortir du cercle vicieux de l'alimentation émotionnelle
Voici des étapes concrètes et efficaces pour commencer à guérir dès aujourd'hui :
Faites une pause et identifiez le déclencheur : Avant de vous jeter sur la nourriture, demandez-vous : Ai-je faim ou suis-je stressé(e)? Quelle émotion est-ce que j'essaie d'apaiser? De quoi ai-je réellement besoin en ce moment? Cela développe la conscience émotionnelle, fondement de l'alimentation plus saine.
Créez-vous une boîte à outils réconfortante : Au lieu de vous tourner vers la nourriture, dressez une liste d'alternatives : aller marcher, appeler un ami, écrire dans un journal, écouter de la musique, prendre une douche chaude, respirer profondément, ou toute autre activité qui vous fait du bien. Cela rompt le cercle vicieux et aide à gérer les envies de manger incontrôlablement.
Mangez sainement, ne vous privez pas : Se restreindre alimente les envies. Manger des repas équilibrés et satisfaisants contribue à les diminuer. Lorsque votre corps se sent nourri, les pulsions ont moins de chances de prendre le dessus.
Adoptez une alimentation consciente et intuitive : Ralentissez. Savourez vos aliments. Écoutez votre corps. C’est un moyen efficace de rééquilibrer votre relation à la nourriture, surtout pendant la convalescence après une crise d'hyperphagie.
Remettez en question la culture des régimes : Si vous avez passé des années à suivre des régimes, la guérison nécessitera un sevrage progressif. Cela signifie : fini les règles alimentaires excessives, la distinction entre « bons » et « mauvais » aliments, et les punitions. C’est essentiel pour apprendre à perdre du poids sans régime, de façon durable et saine sur le plan émotionnel. L’objectif ultime, outre la perte de poids, est de faire taire cette petite voix intérieure qui vous dicte sans cesse quoi et quand manger, et qui vous stresse au quotidien.

Quand demander de l'aide
Si « manger ses émotions » commence à affecter votre santé mentale ou votre quotidien, vous n'êtes pas seul(e). Travailler avec un professionnel de la perte de poids, expert dans tous les sous-aspects de cette transformation, y compris l'accompagnement des émotions interreliées, peut vous aider à rompre des schémas profondément ancrés, à renouer avec votre corps et votre esprit, à apaiser les déclencheurs émotionnels et à instaurer une relation plus sereine avec la nourriture. Un accompagnement holistique permet d'obtenir des résultats durables, et non de simples solutions à court terme. Réduire ses pulsions et guérir l'obsession liée à la nourriture est tout à fait possible. Cela commence par la prise de conscience, la bienveillance et le soutien.

Prêt(e) à apaiser votre relation à la nourriture et à explorer une approche plus saine et plus douce? Si oui, je peux vous aider. Vous méritez une vie où la nourriture est source de paix et de plaisir!